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La cathédrale Sainte-Marie de Gérone : une architecture démesurée

Édifiée au sommet du point le plus élevé de la vieille-ville de Gérone, la cathédrale Sainte-Marie dont la nef unique constitue la plus large nef gothique au monde a été bâtie, initialement dans un style roman, à l’emplacement d’une église primitive qui avait elle-même supplanté le forum romain antique.

Sérieusement dégradée lors de l’avènement du XIe siècle, l’église primitive qui avait été convertie en mosquée en 717 puis à nouveau consacrée en 908 a été condamnée à céder sa place à une cathédrale romane. Construite entre 1010 et 1064 et inaugurée dès 1038, cette dernière fut accompagnée d’un cloître et de deux campaniles dont l’un d’entre eux, achevé en 1117 et connu sous le nom de tour de Charlemagne, a subsisté jusqu’à aujourd’hui alors que le second fut démoli au cours du XIVe siècle.

Devenue sous-dimensionnée pour accueillir l’assemblée croissante des fidèles, elle a été progressivement remplacée par une construction gothique à partir de la première moitié du XIVe siècle, l’année 1312 marquant le début d’importants travaux visant à construire une sacristie ainsi qu’un nouveau chevet qui sera doté d’un déambulatoire et de neuf chapelles rayonnantes.
Entamée dans la foulée, la construction des nefs fut rapidement suspendue pour ne reprendre qu’en 1417, en raison d’interminables discussions destinées à déterminer si le projet devait en comporter trois ou seulement une seule. A nouveau interrompue durant la guerre civile de Catalogne, la construction de la désormais unique nef de 35 mètres de haut pour une longueur de 50 mètres et une largeur d’exactement 22,98 mètres ne s’acheva finalement qu’au XVIe siècle, période à laquelle l’érection du clocher d’inspiration Renaissance fut engagée. Haut de 67 mètres, ce clocher qui ne fut terminé qu’au XVIIIe siècle bien que les travaux débutèrent dès 1580 est surmonté d’un ange personnifiant la foi qui, après avoir été accidentellement décapité lors de la guerre d’indépendance espagnole, a été remplacé par une copie au XXe siècle.
Également entravés par des changements successifs de projet, les travaux de la façade baroque qui commencèrent dès 1606 suite à la démolition en 1604 de la façade romane antérieure perdurèrent plusieurs siècles, tant et si bien qu’alors que l’escalier monumental qui la dessert fut terminé à la fin du XVIIe siècle, la pose des dernières statues dans les niches qui ornent le porche surmonté d’une rosace et encadré de deux balcons n’a été effectuée qu’au début des années 1960.

D’autre part, tandis que le cloître roman qui abrite les tombes de personnages illustres ayant vécu entre le XIVe et le XVIIIe siècle occupe l’espace enchâssé entre les anciennes murailles de la ville et la façade nord de la cathédrale, le flanc sud de cette dernière jouxte une place bordée de bâtiments médiévaux sur laquelle s’ouvre le portique des Apôtres, ainsi nommé en raison des statues des douze apôtres qui l’ornaient. Également décoré d’une représentation de l’Ascension lors de sa construction, ce portique apparaît toutefois désormais nu, ses sculptures ayant été vandalisées ou déplacées durant la guerre civile.

Richement décoré, l’intérieur de la cathédrale qui renferme un orgue installé dans les années 1940 en remplacement d’un instrument du XIXe siècle, de nombreux tombeaux ouvragés, un maître-autel roman ou encore une chaire épiscopale gothique, abrite un musée aménagé dans la salle capitulaire et la sacristie qui expose de nombreux objets marquants, parmi lesquels le tapis de la création qui date de la charnière entre les XIe et XIIe siècles, une statue de Charlemagne, le plastron d’Al-Hakam II que le calife éponyme offrit à son fils, ainsi que divers retables et pièces d’orfèvrerie.

Vue générale depuis une station nord-est

Source : Mikołaj Kirschke
Vue générale depuis une station sud-est

Source : vanes73
Façade principale

Source : Rosaflor
Clocher Renaissance et portique des Apôtres

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Vue intérieure

Source : MarioTs
Cloître

Source : JoaquimNB.cat