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Gérone : une cité au patrimoine médiéval exceptionnel

Principal centre urbain du nord de la Catalogne avec près de 100 000 habitants, la ville de Gérone qui se situe à la confluence de l’Onyar et du Ter a été fondée en 77 av. JC par Pompée qui fit édifier un oppidum sur le promontoire qu’occupe aujourd’hui la cathédrale, afin d’organiser la défense de la via Augusta – alors appelée via Heraclea – contre les troupes de Sertorius. Devenue un centre administratif régional majeur grâce à ladite voie romaine et à la proximité du port d’Emporiæ (Ampurias), elle est parvenue à conserver une position centrale au fil des siècles, en dépit des bouleversements politiques majeurs qui l’ont affecté.
Occupée par les Wisigoths à la chute de l’empire romain puis conquise par les Maures aux alentours de 715, la ville qui devint le siège du comté de Gérone lors de sa prise par Charlemagne en 785 fut une nouvelle fois assiégée par les Maures en 793, avant de perdre son rôle de tête de pont dans le combat contre les musulmans au moment de la reconquête de Barcelone par les francs.
Assiégée à plusieurs reprises par les troupes françaises au cours des siècles qui suivirent, elle fut conquise en 1809 par Napoléon qui l’érigea au rang de préfecture de l’éphémère département du Ter, rattaché à la France de 1812 à 1814, avant de repasser définitivement sous le giron de la couronne d’Espagne.
Conservant de multiples monuments ainsi que de larges pans de ses enceintes successives, la section la plus ancienne de la cité médiévale intra-muros qui se situe sur la rive orientale de l’Onyar a été en grande partie préservée de la destruction, à l’inverse de son extension établie au XVe siècle sur la berge opposée qui a été supplantée par la ville moderne qui a jeté son dévolu sur cette seconde berge du fait de sa topographie plus favorable.

Édifiée au sommet du point le plus élevé de la vieille-ville de Gérone, au coeur du quartier le plus ancien, la cathédrale Sainte-Marie au sein de laquelle a été aménagé un musée est un édifice à l’architecture majoritairement gothique dont la nef unique constitue la plus large nef gothique au monde et la seconde tous styles confondus, derrière celle de Saint-Pierre de Rome.
Construite à partir de 1312, en remplacement de l’ancienne cathédrale romane devenue trop petite du fait de la forte croissance démographique, cette cathédrale bordée au sud par la place des Apôtres et au nord par un cloître roman qui occupe l’espace compris entre le lieu de culte et le mur d’enceinte a conservé des éléments romans tels que la tour de Charlemagne qui est accolée à sa façade septentrionale et possède, en raison de la durée importante des travaux, un clocher Renaissance ainsi qu’une façade baroque desservie par un escalier monumental.

Située en contrebas de cet imposant escalier, la place de la Cathédrale dont l’accès nord s’effectue par une porte flanquée de deux tours rondes est entourée de constructions historiques, parmi lesquelles la Casa Pastors et la Pia Almoina.

Ancienne porte nord de la ville antique qui avait été placée à l’extrémité du cardo maximus dont le tracé correspond à l’actuelle Carrer de la Força, le Portal de Sobreportes qui était flanqué initialement de deux tours carrées a subit d’importantes transformations au cours du XIIIe siècle, les tours primitives ayant été enchâssées dans des tours rondes qui perdirent ensuite leur fonction défensive lors de l’expansion de la ville vers le nord et la construction d’une nouvelle muraille.

Siège de l’actuel palais de justice, la Casa Pastors qui se situe au nord-ouest de la place est un édifice structuré autour d’un patio dont la façade qui fait face à la cathédrale se démarque de son environnement architectural par son style Renaissance. Spatialement contraint au nord et à l’ouest par la muraille romano-carolingienne, ce bâtiment dispose d’un petit jardin surélevé et d’une galerie à arcades au niveau de sa façade postérieure, tandis que les ouvertures pratiquées sur sa façade nord offrent un visuel sur l’église Saint-Feliu et le Portal de Sobreportes.

Importante institution de charité fondée en 1228, la Pia Almoina del Pa de la Seu qui occupait à l’origine un petit bâtiment construit en 1238 distribuait du pain aux pauvres entre le mercredi des Cendres et la Pentecôte, avant d’élargir la période de distribution du premier novembre au mois de mai grâce à l’affluence des dons associée à une bonne gestion.
Agrandie au fil des siècles par l’acquisition de constructions contiguës et l’inclusion des ruelles adjacentes jusqu’à devenir un vaste complexe architectural, la Pia Almoina qui est délimitée au nord par la place de la Cathédrale, à l’est par la place des Apôtres, au sud par le quartier Juif et à l’ouest par le couvent de Sant Antoni comporte plusieurs bâtiments disposés autour d’une grande cours dont le principal qui borde le sud de la place de la Cathédrale depuis le XIVe siècle consiste en un imposant édifice allongé de style gothique pourvu d’une tour centrale.
Vendue à des particuliers lors du désamortissement effectué à la fin du XVIIIe siècle puis rachetée par la congrégation des Religioses de les Escoles Pies afin d’y installer un centre d’enseignement pour filles qui va fonctionner jusqu’en 1974, la Pia Almoina qui a fait l’objet d’une importante campagne de restauration entre 1921 et 1926 abrite désormais le siège du Collège officiel des Architectes de Catalogne et des Baléares.

Cathédrale Sainte-Marie

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Portal de Sobreportes

Source : jabaeyens
Casa Pastors

Source : JoaquimNB.cat
Bâtiment principal de la Pia Almoina

Source : A.R.G.
Délimitée au nord et à l’ouest par la cathédrale et la Pia Almoina, la place des Apôtres qui domine la place de la Cathédrale est bordée sur ses côtés sud et est par la Casa de l’Ardiaca et le Palacio Episcopal.Imposant ensemble architectural qui se dresse en face de la porte des Apôtres et du clocher Renaissance de la cathédrale, la Casa de l’Ardiaca qui longe le quartier juif à l’ouest et au sud est constituée de la réunion de plusieurs bâtiments des XVIe et XVIIe siècles.

Vaste construction hétérogène qui mêle des éléments de plusieurs périodes, le Palacio Episcopal qui jouxte la cathédrale et la place des Lledoners abrite le musée de l’Art depuis sa fondation en 1976.
Cédé à l’évêque de Gérone à la fin du Xe siècle, le bâtiment primitif dont la section qui a subsisté jusqu’à aujourd’hui forme le Palau Vell a été complété au XIIe siècle par un palais, formant un ensemble qui a ensuite été agrandi et remanié à de multiples reprises, en particulier au XIVe siècle avec la construction du salon du Trône, de la tour de la façade et de la prison qui lui a conféré un aspect fortifié, atténué au XVIe siècle par le percement de nouvelles ouvertures dans sa façade principale. Doté d’une aile latérale au XVIIe siècle, le palais qui s’organise autour d’une cours centrale accessible par une porte gigantesque a à nouveau été transformé au XVIIIe siècle avec la création d’une nouvelle chapelle et le transfert d’arcades romanes d’une galerie intérieure vers la façade.
Couvrant toutes les périodes depuis l’antiquité pré-romaine jusqu’au XXe siècle, le musée de l’Art détient d’importantes collections médiévales romanes et gothiques, ce qui le positionne comme l’un des principaux musées catalans en ce qui concerne les arts sacrés et décoratifs de cette période.
Il expose notamment le maître-autel et des arcades du monastère de Sant Pere de Rodes, une riche collection de chapiteaux, des retables gothiques, des peintures et des sculptures Renaissance et baroques ainsi que des oeuvres picturales des XIXe et XXe siècles dans une série de salles agencées chronologiquement, auxquelles s’ajoutent des espaces dédiés au mobilier, à la céramique ainsi qu’aux pièces d’orfèvrerie et aux objets liturgiques.

Encadrée au nord et à l’ouest par le palais épiscopal et la Casa de l’Ardiaca, la Plaça dels Lledoners est une petite place divisée en deux sections distinctes par un mur de pierre au milieu duquel trône une fontaine médiévale.
Restaurée et réaménagée en 1952, cette place dont l’existence est attestée depuis le Xe siècle est ainsi formée de la juxtaposition de deux esplanades plantées d’arbres parmi lesquels ne figure aucun micocoulier, bien que cette essence soit à l’origine de son nom.
Anciennement nommée fontaine Sainte-Marie, la fontaine centrale qui conserve un cartouche et un blason gothiques arbore également un médaillon en pierre représentant une Vierge à l’Enfant ainsi que trois têtes de lions qui lui ont été ajoutés lors de sa restauration.

Situés à l’est du cloître, au contact de la muraille, les jardins de la Francesa dont le nom fait référence à une ancienne propriétaire des lieux d’origine française constituent un espace calme magnifiquement végétalisé où a été installée une sculpture moderne de sorcière, clin d’oeil à la légende qui relate qu’une sorcière qui avait pour habitude de jeter des pierres sur les processions fut l’objet d’une punition divine qui la changea en statue, devenant la gargouille de la bruja qui est visible sur la cathédrale à proximité de la tour de Charlemagne.

Casa de l’Ardiaca

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Palacio Episcopal

Source : JoaquimNB.cat
Fontaine de la place des Lledoners

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Jardins de la Francesa

Source : Jorge Manuel
Lieu de vie de la seconde plus importante communauté juive médiévale de Catalogne après celle de Barcelone, le quartier juif (Call Jueu) qui s’est développé aux alentours de la synagogue initiale et du marché israélite (Call Judaic) implantés à proximité de la cathédrale lors de l’installation des premiers juifs en 890 est délimité par la Carrer de la Força à l’ouest, par la Pia Almoina et la Casa de l’Ardiaca au nord ainsi que par les rues Bellmirall et Miguel Oliva i Prat à l’est et au sud.
Caractérisé par un habitat dense sillonné de venelles, ce quartier mentionné dans les textes dès 1160 a connu son apogée aux XIIIe et XIVe siècles, avant d’être abandonné et muré lors de l’expulsion en 1492 des juifs qui refusèrent la conversion. Peu modifié au cours des siècles suivants, cet espace qui fait l’objet d’un programme de restauration depuis 1977 constitue l’un des quartiers médiévaux israélites les mieux préservés d’Europe et le plus vaste encore intact d’Espagne.
Encaissée entre des habitations dont toutes les ouvertures donnant sur la rue avaient été murées en 1391, à la suite d’une vague de violences à l’encontre de la population juive, la Carrer de la Força qui relie aujourd’hui la placette Del Correu Vell au sud aux places de l’Institut Vell et de la Cathédrale au nord est devenue à cette date une limite stricte du quartier, alors qu’elle constituait l’une des artères principales d’un espace aux contours jusqu’à lors flous où se côtoyaient les différentes communautés.
Située à la croisée des rues de la Força et Miguel Oliva i Prat, la placette Del Correu Vell où fut ouvert le premier bureau de poste de la ville est le résultat de la démolition au XIXe siècle du château de Requesens qui y était établi depuis la période romaine, tandis que la placette de l’Institut Vell constitue un vestige d’une ancienne rue médiévale comblée par des bâtiments et dont seuls quelques artefacts témoignent de son existence passée.
Artères transversales qui relient la Carrer de la Força à la partie haute du quartier, la ruelle Sant Llorenç ainsi que la Pujada Catedral et la Carrer Manuel Cúndaro qui aboutissent toutes deux au niveau de la Virgen de la Pera, en contrebas de la place des Apôtres, sont d’étroites ruelles en pente aménagées en escaliers, célèbres pour leurs tronçons couverts.
Venelle la plus renommée, la ruelle Sant Llorenç permet d’accéder à la maison de Lleo Aninai ainsi qu’à un complexe architectural aujourd’hui restauré qui associait une synagogue, des bains rituels, un hôpital et une école. Organisé autour d’un patio formé d’un jardin et d’une cours au sol couvert d’un dallage représentant une immense étoile à six branches, ce second édifice où s’est établi le Centre Bonastruc ça Porta accueille l’Institut Nahmanides et le musée d’Histoire juive qui expose notamment des objets rituels, des manuscrits et des pierres tombales en provenance de l’ancien cimetière confessionnel laissé en friche depuis son abandon à la fin du XVe siècle.
Carrer de la Força

Source : A.R.G.
Placeta de l’Institut Vell

Source : Robert Puga
Pujada Catedral

Source : Victor Cespón
Carrer Manuel Cúndaro

Source : Ermanec
Carrer Sant Llorenç

Pedro Salcedo i Vaz
Cours intérieure du Centre Bonastruc ça Porta

Source : Javier García Canals
Situé à proximité de la Pia Almoina dont il n’est séparé que par la Carrer de la Força, le couvent Sant Antoni qui est communément appelé Institut Vell abrite le musée d’Histoire de la ville.
Après s’être établis successivement dans plusieurs quartiers de la cité, les capucins qui étaient arrivés à Gérone en 1581 achetèrent en 1733 la Casa Desbac qui s’élevait entre la rue de la Força et la rue des Ballesteries.
Occupées par des chrétiens suite à l’interdiction faite aux israélites de résider hors du quartier juif à partir de la fin du XIVe siècle, les trois maisons constitutives de cet édifice furent successivement acquises par la famille de Cartellà de Maçanet de la Selva et transformées entre le XVe et le XVIIIe siècle en un palais richement décoré qui fut mis en vente au XVIIIe siècle, faute de pouvoir financer la réparation des dégâts occasionnés par la guerre de Succession.
Tandis que la portion aérienne de cette construction gothique fut démolie entre 1753 et 1762, afin de pouvoir la remplacer par des bâtiments adaptés aux besoins spécifiques de la communauté, un solide mur de soutènement fut monté en raison de la forte différence de niveau entre les deux rues et l’étage semi-enterré fut entièrement réaménagé. Ce dernier dispose notamment d’une écurie, d’une buanderie, de citernes ou encore d’un cimetière où un dessiccateur à dix-huit niches servait à faire sécher les corps des moines décédés avant de pouvoir les exposer à la dévotion dans la salle voisine.
Construits dans un second temps en utilisant massivement les matériaux de l’ancien palais, l’église à trois nefs, le petit cloître, le réfectoire et les autres nouveaux bâtiments furent érigés entre 1762 et 1774.
Restauré après la fin de la guerre d’indépendance qui l’avait fortement endommagé, le couvent qui abritait une école de théologie a été victime de la sécularisation qui a débouché sur la dissolution de la communauté et le départ des frères en 1835. Réaménagé dans la foulée par la municipalité au prix d’une altération architecturale particulièrement visible au niveau de l’église et du cloître, il va accueillir l’Institut provincial d’Enseignement de 1841 à 1968.
Rénové préalablement à l’installation en 1981 des premières collections du musée d’Histoire, il abrite aujourd’hui des collections permanentes couvrant toutes les périodes depuis la Préhistoire jusqu’au XXe siècle et consacre un espace aux expositions temporaires.
Façade principale du couvent Sant Antoni

Source : Joaquim.
Occupé dès la période romaine par une tour carrée, l’emplacement de la Torre Gironella qui consiste en un promontoire calcaire allongé situé à l’extérieur de la section orientale de la muraille antique constitue le point le plus élevé des fortifications.
Installée à Gérone après la prise et l’incendie de Barcelone par les Maures en 985, la famille des comtes de Barcelone entreprit d’importants travaux visant à renforcer les défenses de la ville, ce qui s’est notamment traduit par la construction de trois châtelets, parmi lesquels celui de la Gironella qui a incorporé l’ancienne tour romaine dans sa structure.
Lieu de refuge de la population juive lors des persécutions de 1391, le château qui constituait la principale fortification de la ville s’est effondré en 1404, avant d’être reconstruit à partir de 1411.
Endommagé au XVe siècle lors de la guerre civile catalane, il a été restauré en 1467 puis rasé sur ordre de Napoléon, lors du départ des troupes françaises en 1814.Situés à l’extrémité est de la cité romaine, au niveau de la Torre del Telègraf, les jardins dels Alemanys qui communiquent avec la Torre Gironella par la porte de la Reina Juana consistent en un espace arboré qui abrite les ruines de l’ancienne caserne dels Alemanys, détruite au XIXe siècle par les forces napoléoniennes.

Construite sur la section de muraille située entre les jardins de la Francesa et les jardins dels Alemanys, la porte San Cristóbal dont le percement est antérieur à la fin du XIVe siècle doit sa configuration actuelle à une restructuration initiée en 1725 qui a notamment transformé l’ancienne chapelle romane adjacente à l’origine de son nom en un élément de fortification.

Porte sud de la cité antique qui débouche aujourd’hui sur la place Sant Domènec, la porte Rufina est une porte à « baïonnette » dont l’unique tour a été édifiée au Moyen-Age, en lieu et place d’une tour romaine carrée qu’elle a intégré dans sa structure.

Torre Gironella

Source : Javier García Canals
Jardins dels Alemanys

Source : Jorge Manuel
Portal de San Cristóbal

Source : vadoserrat
Torre Rufina

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Située à proximité du Portal de Sobreportes, l’église collégiale Sant Feliu qui a été fondée au IVe siècle constitue la plus ancienne église de la ville. Devenue un important centre religieux et un lieu de pèlerinage au cours des siècles suivants, l’église primitive qui consistait en un martyrium construit sur les tombes des martyrs saint Félix l’Africain et saint Narcís a été remplacée au VIIe siècle par une basilique wisigothe qui a ensuite acquis une importance particulière lors de l’occupation de la cité par les Sarrasins en assurant la fonction de cathédrale, l’église Sainte-Marie ayant été convertie en mosquée de la prise de la ville en 717 à sa libération par les Francs.
Réaménagée dans un style roman au XIIe siècle puis restaurée à la fin du XIIIe siècle suite au siège de la ville par les Français, elle a été fortement remaniée au cours du XIVe siècle. Toutefois, tandis que les parties supérieures ont été réalisées dans un style gothique, les bâtisseurs ont conservé les parties inférieures romanes parmi lesquelles les piliers carrés de la nef centrale.
Église à trois nefs avec une abside romane semi-circulaire percée d’ouvertures gothiques et bordée de chapelles, elle possède un unique clocher édifié entre le XIVe et le XVIe siècle et comporte de multiples éléments de fortification hérités de sa situation à l’extérieur des murailles de la cité au XIVe siècle. Construit en 1357 à l’emplacement de l’ancien cloître roman, le cloître gothique adjacent a été démantelé dès 1374 pour permettre de renforcer les défenses du nord de la ville.
Agrandie à la fin du XVe siècle puis dotée d’une façade baroque au XVIIe siècle et enfin complétée au XVIIIe siècle par la chapelle Sant Narcís qui fut construite à la place de la chapelle gothique du Saint-Sépulcre, elle est reliée à la place Saint-Félix située en contrebas par un escalier monumental.
Célèbre depuis le XIIe siècle pour la sculpture de la Lleona qui consiste en une colonne sur laquelle grimpe une lionne qu’il est de coutume pour les voyageurs de baiser sur le postérieur, cette place est située sur une ancienne nécropole antique dont huit sarcophages parmi lesquels six ornés de thèmes chrétiens sont exposés dans l’église.
Devenu une simple église paroissiale en 1835, ce lieu de culte qui abrite un célèbre Christ couché et dont une partie du riche mobilier est exposée dans le musée de l’Art de la ville a reçu le titre de basilique mineure en 2011.Longé à l’ouest par l’église Sant Feliu dont il n’est séparé que par une rue, le couvent de l’Annonciation qui se trouve au nord du Portal de Sobreportes, à l’ouest de la Casa de Sarracinas et en contrebas de la tour Cornelia a été fondé en 1617 par des religieuses de l’Ordre des capucins arrivées à Gérone en 1609. Particulièrement exposé lors des conflits armés, le complexe religieux qui comprend notamment une église inaugurée en 1637, deux cours intérieures ainsi que les célèbres bains Arabes situés dans sa partie orientale a dû être évacué à quatre reprises par ses occupantes entre le XVIIIe et le XXe siècle.
Construits en 1194, les bains Arabes dont la décoration est de style roman tardif sont inspirés des bains maures d’Afrique du Nord, très en vogue à cette époque.
Restaurés en 1294 suite aux dégradations infligées par le siège de 1285, ils ont été fermés au XVe siècle puis rachetés en 1617 avec les maisons environnantes par des soeurs capucines qui, faute de disposer de moyens pécuniaires suffisants pour édifier d’autre nouveau bâtiment que l’église, les convertirent en cuisine et en buanderie, ce qui assura leur préservation jusqu’à leur réouverture au public en 1929.
Organisés suivant le modèle des bains publics romains, ils sont constitués de cinq sections à savoir les vestiaires ou apodyterium, la sale froide ou frigidarium, la sale tiède ou tepidarium, la salle chaude ou caldarium dans laquelle de la vapeur chaude était diffusée ainsi que la salle de la chaudière ou furnus.
Grande pièce de base carrée où des bancs et des niches destinées à recevoir les effets personnels des visiteurs ont été aménagés sur le pourtour, l’apodyterium comporte en son centre un bassin octogonal « hors-sol » ceinturé de huit colonnes reliées par des arcs qui supportent un petit dôme d’inspiration orientale conçu pour laisser pénétrer la lumière naturelle.
S’enchaînent ensuite le frigidarium qui consiste en une pièce de petite taille, le tepidarium couvert par une voute en berceau puis le caldarium et le furnus qui sont actuellement en grande partie effondrés.

Vue générale de l’église Sant Feliu

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Vue intérieure de l’église Sant Feliu

Source : papayo polar
Sépulcre de Sant Narcís

Source : mattis
Statue de la Lleona

Source : jabaeyens
Bassin de l’apodyterium des bains Arabes

Source : Nanosanchez
Dôme des bains Arabes

Source : Rafl
Siège d’une antenne du musée Archéologique de Catalogne depuis 1857, le monastère Sant Pere de Galligants est une ancienne abbaye bénédictine romane située sur la berge septentrionale de la rivière Galligants, au nord-est du couvent de l’Annonciation auquel il est relié par un pont de pierre.
Mentionnée depuis la fin du Xe siècle, l’abbaye dont la disposition de l’abside nord et la porte archaïque aujourd’hui surmontée d’une rosace pourraient être des artefacts de la construction initiale a été totalement remaniée en 1131 avec la construction dans un style roman catalan des trois nefs, des absides et du clocher octogonal actuels, puis complétée entre 1154 et 1190 par un cloître de taille réduite accolé à la nef sud.
Lors de l’inclusion du quartier de Sant Pere à l’intérieur des murs de la ville en 1362, le clocher dont l’étage supérieur est décoré dans un style lombard a été remanié pour pouvoir assurer un rôle défensif.
Bien que constituant une église paroissiale, l’église de cette petite abbaye ne célébrait que les baptêmes, déléguant ses autres fonctions à la chapelle voisine de Sant Nicolau.
Marquée au XIVe siècle par un déclin qu’une union en 1592 avec deux autres monastères également en difficulté ne parvint pas à enrayer, l’abbaye qui n’a toujours compté qu’un nombre restreint de religieux fut fermée en 1835 lors de la sécularisation, entraînant le départ des derniers moines.
Afin de disposer d’un espace accru, le musée a ajouté un étage au cloître dans la seconde moitié du XIXe siècle puis a investi l’église à la suite de sa perte de fonction religieuse en 1939.Édifiée dans le cimetière du monastère Sant Pere, la chapelle Sant Nicolau est une chapelle funéraire romane de style lombard construite au XIIe siècle pour assurer des services paroissiaux.
En forme de croix latine, cette chapelle sans ornements intérieurs est formée d’une nef unique et de trois absidioles disposées en trèfle qui délimitent un choeur au dessus duquel s’élève un dôme octogonal avec lequel elles constituent un chevet aux murs extérieurs décorés d’arcatures aveugles et de lésènes caractéristiques du style lombard.
Disposée au milieu de la façade sud, la porte actuelle a été percée à l’occasion de la construction au XVIIIe siècle de l’hôpital dels Capellans qui a condamné l’entrée initiale en s’accolant à la façade occidentale.
Vendu à un particulier lors du désamortissement de 1835, le lieu de culte a successivement abrité un entrepôt de cuir et une scierie avant d’être acquis par la municipalité qui y organise depuis des expositions.
Lors de la restauration effectuée de 1943 à 1949, les traces d’une quatrième abside aujourd’hui disparue ont été découvertes, ce qui fait de cette église la seule connue de Catalogne a avoir possédé quatre absides, organisation adoptée à cette période par plusieurs églises lombardes.

Située au nord du monastère Sant Pere, la chapelle Santa Llucia qui est mentionnée dès 1066 sous le nom de Santa Eulàlia est une ancienne église paroissiale près de laquelle s’est formé à partir du XIIe siècle un village éponyme qui, du fait de sa situation à l’écart de la ville avant l’extension des murailles au XIVe siècle, a constitué un espace dévolu à la prostitution.
En raison de sa proximité de la tour cylindrique Santa Llucia qui assurait la défense de l’angle nord-est de la ville, elle a été gravement endommagée lors du siège de 1809 par les bombardements qui permirent notamment l’ouverture d’une brèche dans la muraille.
Rebaptisée du nom de la tour voisine aujourd’hui détruite, cette chapelle qui abrite dans sa crypte les sépultures des soldats napoléoniens morts durant les assauts a été restaurée et son clocher triangulaire est désormais surmonté d’une singulière construction de brique décorée de balcons et de mosaïques.

Parmi les fortifications qui assuraient la protection du nord de la cité, seuls persistent quelques segments de la muraille ainsi que la porte occidentale de la Barca ; le bastion San Pedro et la porte de Francia au nord-ouest de même que la tour Santa Llucia et la porte de Sant Pere de Galligants ayant aujourd’hui disparus.

Façade principale de l’église Sant Pere de Galligants

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Clocher et chevet de l’église Sant Pere de Galligants

Source : Chosovi
Chapelle Sant Nicolau

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Clocher de la chapelle Santa Llucia

Source : jabaeyens
Inauguré en 1961 pour tenter de mettre en valeur le riche patrimoine architectural d’un quartier alors délabré, le Paseo Arqueológico qui consiste en une promenade longeant les anciennes fortifications de la ville depuis le Portal de Sobreportes jusqu’à la porte de San Cristóbal permet de découvrir successivement, outre ces deux portes, les églises Sant Feliu et Sant Lucas, le Colegio de l’Inmaculado Corazón de Maria et la Casa de la Obra, les salles capitulaires de la cathédrale et la tour Cornelia, les bains Arabes, la Casa de Sarracinas, le mur nord du cloître de la cathédrale, la tour Julià et enfin la muraille San Cristóbal.Flanquée d’un clocher carré unique placé en retrait de la façade pour ne pas entraver la circulation, l’église Sant Lucas qui occupe l’extrémité sud de l’îlot du couvent de l’Annonciation a été construite dans un style baroque en 1724.

Accolé à la tour orientale du Portal de Sobreportes, le Colegio de l’Inmaculado Corazón de Maria qui s’élève à l’emplacement de la muraille antique est un vaste bâtiment qui s’ouvre à la fois sur le Paseo Arqueológico et la place de la Cathédrale. Acheté par l’abbé de Sant Feliu en 1333, il a été agrandi et couronné d’une tour centrale carrée en 1780 puis vendu et converti en une école religieuse en 1853.

Située à l’est du Colegio de l’Inmaculado Corazón de Maria, au fond des jardins qui s’étendent au bas des remparts, la Casa de la Obra qui se compose de deux maisons acquises au XVIIe siècle par le Chapitre de la Cathédrale a été tronquée lors de la construction des salles Capitulaires en 1705 puis fortement endommagée lors de la guerre de succession, ce qui lui a valu d’être restaurée de 1714 à 1718.
Tandis que les jardins attenants qui étaient initialement partagés entre les propriétaires des maisons avoisinantes ont été réaménagés lors de la création du Paseo Arqueológico, cette construction dont le rez-de chaussée est doté d’arches a été une nouvelle fois restaurée en 1963 et son toit abaissé, afin de dégager la vue sur la cathédrale.

Lieu d’exposition du trésor de la cathédrale depuis 1951, les salles Capitulaires qui s’étirent entre la cathédrale au sud et la tour Cornelia au nord consistent en un imposant bâtiment dont la construction de 1705 à 1728 a finalisé le processus de sédentarisation du Cabildo qu’avait initié l’aménagement au XVIIe siècle d’une première salle capitulaire permanente dans la chapelle du cloître de la cathédrale.
Débutée par la section méridionale qui a condamné les escaliers reliant la place de la Cathédrale à la chapelle du cloître et tronqué la Casa de la Obra, sa construction qui a été interrompue lors de la guerre de succession a fait disparaître plusieurs bâtiments antérieurs dont la Casa del Arcèdianato de Besalú.
La porte d’entrée placée en contrebas de la cathédrale a été agrandie en 1950 pour faciliter le passage des processions puis, d’importantes modifications ont été réalisées au cours d’une vaste opération de restauration entreprise en 1962.

Imposante tour circulaire initialement surmontée de créneaux, l’actuelle Torre Cornelia qui a été construite en 1362 pour remplacer une tour plus ancienne a été surélevée et percée de fenêtres lors de la construction, au XVIIIe siècle, des salles Capitulaires qui lui sont accolées.

Située en face des bains Arabes, la Casa de Sarracinas qui se caractérise par la présence d’un petit pont de pierre reliant son second étage à d’anciens vergers disposés au pied de la tour Cornelia a été achetée par la fondation religieuse Ferial en 1646.
Fortement endommagée au milieu du XVIIe siècle suite à l’explosion d’un stock de poudre entreposé dans l’un de ses logements, elle a été restaurée dans les années 1680 puis, tandis qu’une muraille et des terrasses munies de parapets destinées à contenir les assaillants furent construites à proximité immédiate lors du déclenchement de la guerre de succession en 1710, elle fut remplie de terre pour être utilisée comme tour de défense.
Détruite par les combats, elle a été reconstruite dans la seconde moitié du XVIIIe siècle puis, les terrasses qui constituent le bastion de Sarracinas ont été restaurées et réaménagées en 1809 pour former des esplanades capables d’accueillir des mortiers et des canons.
Vendu lors du désamortissement, ce bâtiment a fait l’objet en 1962 d’une campagne de restauration durant laquelle l’étage supérieur a été supprimé, afin de rétablir sa configuration initiale.

Édifiée au IXe siècle puis surélevée ultérieurement, la Torre Julia qui se situe entre la tour Cornelia et la tour carrée de la muraille San Cristóbal marque approximativement la limite du cloître auquel elle est connectée par un escalier extérieur accolé à la muraille.
Construit en 1727 pour permettre de parcourir le chemin de ronde sans pénétrer dans des bâtiments de la cathédrale, cet escalier qui desservait conjointement des latrines aujourd’hui disparues relie une ouverture pratiquée au milieu du mur nord du cloître au premier étage de la tour.

Eglise Sant Lucas

Source : José Luis Filpo Cabana
Colegio de l’Inmaculado Corazón de Maria

Source : eldevoro@gmail.com
Colegio de l’Inmaculado Corazón de Maria vu depuis
la cathédrale


Source : Eulalia Garreta
Casa de la Obra

Source : Eulalia Garreta
Salles Capitulaires et Torre Cornelia

Source : Antonio Alba
Casa de Sarracinas

Source : mistico13
Façade arrière de la Casa de Sarracinas

Source : mistico13
Torre Julia

Source : Eulalia Garreta
Situés au sud de la section de muraille comprise entre la Torre Gironela et la Torre Rufina et à l’est des places Sant Domènec et Josep Ferrater i Mora, le bâtiment des Àligues ainsi que l’ancien couvent Sant Domènec qui sont bordés à l’est et au sud par l’extension méridionale de la muraille constituent, avec les dépendances orientales de la Canónica de Sant Martí Sacosta qui font face au couvent, les principaux bâtiments du campus universitaire Barri Vell qui comprend également plusieurs bâtiments plus modestes situés au niveau et à proximité du tronçon de la muraille romaine sus-cité.Encadré par l’ancienne muraille au nord, par la place et le couvent Sant Domènec à l’ouest et au sud et par le Patio de las Águilas à l’est, la Casa de les Àligues est une vaste structure de style Renaissance organisée autour d’une cour intérieure dont le nom trouve son origine dans l’aigle bicéphale de la dynastie des Habsbourg qui, conjointement avec un blason de la ville soutenu par deux anges, orne le portail de sa façade principale.
Siège du rectorat de l’Université de Gérone depuis sa restauration en 1993, ce bâtiment qui n’a conservé que la façade principale et quelques murs de la construction initiale réalisée entre 1561 et 1572 a connu son apogée au XVIIe siècle, avant de perdre son droit à enseigner par décret royal au XVIIIe siècle.
Un nouveau décret de 1869 va cependant autoriser à nouveau l’enseignement supérieur dans la ville, ce qui va induire l’apparition de différentes écoles qu’une loi de 1991 va permettre de regrouper pour former l’actuelle Université de Gérone.
Dominé par la Torre Circular del Patio de las Águilas et la Torre del Telegraf, le Patio de las Águilas qui occupe l’espace libre entre le rectorat et les fortifications constitue un parc arboré uniquement séparé des jardins dels Alemanys par l’ancienne muraille.

Situé au sud de la Casa de les Àligues, le couvent Sant Domènec qui a été fondé en 1253 par des moines dominicains est resté en dehors des limites de la cité jusqu’à la construction au XIVe siècle d’une nouvelle muraille renforcée au sud-est par l’imposante Torre del Pez et percée au niveau de la place Josep Ferrater i Morade de la porte Santo Domingo aujourd’hui détruite.
Accessible par un escalier monumental commun au réfectoire contigu, l’imposante église de style gothique qui a été mise en chantier dès 1254 et consacrée en 1339 se compose d’une nef unique accompagnée sur son flan nord de chapelles latérales aménagées entre les contreforts ainsi que d’un imposant complexe de chapelles couronné par deux dômes.
Dédiée à l’Annonciation, cette église qui possède des éléments de décoration intérieure baroques occupe la partie nord du couvent qui se prolonge au sud par les anciens réfectoires et le cloître principal dont l’étage d’inspiration Renaissance a été ajouté au XVIe siècle.
La partie la plus méridionale qui inclue notamment l’ancienne salle capitulaire et divers espaces de vie s’organise quant à elle autour d’une cours héritée d’un second cloître roman plus petit dont ne subsistent que quelques colonnes et arcs d’origine.
Gravement endommagé lors du siège de 1809, le couvent qui a été converti en caserne en 1827 suite à la perte de sa destination religieuse provoquée par le désamortissement fait désormais partie de la Faculté des Lettres qu’il a intégré au terme d’une importante restauration qui a fait se mêler les vestiges anciens à des structures modernes édifiées pour certaines sur des espaces autrefois libres de construction tels que les terrains voisins de la porte Santo Domingo ou le nord des anciens vergers accolés à la muraille qui ont vu leur surface réduite, en raison de la construction d’un bâtiment allongé qui a également supplanté l’ancienne sacristie.

Casa de les Àligues

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Torre Circular del Patio de las Águilas

Source : jabaeyens
Vue générale du couvent Sant Domènec

Source : vanes73
Escalier monumental du couvent Sant Domènec

Source : jabaeyens
Façade néoromane du couvent Sant Domènec

Source : Rosaflor
Torre del Pez

Source : Javier Garcia Canals
Située en face du couvent Sant Domènec, la Canónica de Sant Martí Sacosta dont les dépendances orientales sont aujourd’hui affectées à l’Université constitue un vaste complexe architectural articulé autour de l’église Sant Martí Sacosta qui se dresse dans sa partie occidentale.
Placée au sommet de la section inférieure de la Pujada Sant Domènec, cette église dont l’existence est attestée dès 898 a été reconstruite en 1064 puis cédée en 1152 à l’abbé du monastère Sant Joan de les Abadesses afin qu’il y établisse une communauté de moines, ce qu’il réalisa en 1164.
Marquée par des tensions avec les dominicains voisins entre 1255 et 1340, la communauté de chanoines augustins va inexorablement décliner à partir du XVe siècle, ce qui va aboutir à sa dissolution en 1581 puis au rachat des bâtiments par des jésuites qui vont procéder à la reconstruction de l’église dans un style baroque, ne conservant que peu d’éléments de l’édifice antérieur si ce n’est la partie inférieure du clocher, et édifier une part importante des dépendances actuelles.
Convertis en séminaire après l’expulsion de la Compagnie de Jésus en 1767, les bâtiments qui furent ensuite utilisés un temps comme caserne et comme prison ont été partiellement rattachés à l’Université, à l’issue d’une importante opération de restauration.Situé en contrebas de l’église Sant Martí, le Palau dels Agullana qui mêle les styles gothique et Renaissance apparaît traversé par la Pujada Sant Domènec depuis que deux corps de bâtiments situés de part et d’autre de la ruelle en escaliers, au niveau d’une placette devenue patio, ont été reliés au XVIIe siècle par une petite et une fastueuse arches couvertes.
Construit au sud de l’ancienne muraille, à proximité de la Torre dels Cabrera qui a été édifiée au XIe siècle pour assurer la protection du sud-ouest de la cité dont le dispositif de défense reposait également sur la Torre Gironela et le Portal de Sobreportes, ce palais sur la façade arrière duquel apparaît un blason avec une chauve-souris a été vendu par la famille Agullana à des frères convers sous la condition qu’ils s’engagent à ne pas déplacer les sépultures de leurs aïeux, ce qui n’a pas manqué de faire naître des légendes sur la présence de vampires.

Situé en contrebas du Palau dels Agullana, à l’intersection de l’extrémité inférieure de la pujada Sant Domènec et de la Carrer Bonaventura Carreras i Peralta, le Palau Caramany qui occupe l’angle nord-est de la place Oli constitue un complexe architectural de style Renaissance dont le rez-de-chaussée accueille une galerie d’art consacrée aux artistes avant-gardistes.
Également appelé Casa Pérez Xifra, ce bâtiment organisé autour d’un patio a été construit au XVIe siècle par la famille Caramany puis rehaussé de deux étages au XVIIe siècle et modifié au XVIIIe siècle, avant de faire l’objet d’une importante restauration dirigée par Rafael Masó i Valentí en 1912-1913 durant laquelle sa façade visible depuis la voie publique a été décorée de délicats motifs.

Section occidentale de la Canónica de Sant Martí Sacosta

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Façade principale de l’église Sant Martí Sacosta

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Palau dels Agullana

Source : jabaeyens
Palau Caramany

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Situé au sud-ouest de la Canónica de Sant Martí Sacosta, le siège de la Diputación Provincial occupe un ensemble de bâtiments historiques situés de part et d’autre de la Pujada de Sant Martí.
Après avoir siégé dans un bâtiment de la Plaça del Vi au moment de sa création, la Diputación s’est établie en 1835 dans l’ancien couvent del Carme aujourd’hui connu comme le Palau Provincial puis, la présidence et divers services ont été déplacés en 1987 dans la Can Forn qui lui fait face.
Occupé par des moines jusqu’à leur expulsion en 1822, le couvent del Carme qui a été rapidement réinvesti par la Diputación Provincial et le gouvernement civil est un édifice de la fin du XVIIe siècle qui se compose d’une importante église et de dépendances structurées autour d’une cour centrale. La cohabitation des deux institutions a cessé en 1958, lorsque le gouvernement civil s’est installé dans de nouveaux locaux bâtis sur un terrain cédé par la Diputación en 1944.
Construction de la fin du XVIe siècle célèbre pour une singulière fenêtre d’angle, la Can Forn dont le nom est hérité d’un notaire qui y résida au début du XXe siècle a été partiellement détruite lors de la guerre civile. Aussi, en raison de son état de délabrement prononcé, ce bâtiment vacant depuis le départ de la police à la fin des années 1960 a dû être massivement restauré, avant de pouvoir accueillir la Diputación.Située à l’ouest de la Diputación Provincial, entre la rue dels Ciutadans et celle de les Ferreries Velles, la Fontana d’Or qui a changé d’affectation à plusieurs reprises est une construction structurée autour d’une cours intérieure qui accueille actuellement un centre culturel baptisé CaixaForum.
Construit au XIIIe siècle par la famille Sitjar, cet édifice de conception romane qui succède à un moulin attesté dès le XIe siècle a été modifié ultérieurement par des aménagements gothiques, en particulier au XIVe siècle où une loggia au plafond peint donnant sur la cour intérieure a été ajoutée.
Reconnaissable par ses deux façades qui présentent un aspect assez similaire avec une galerie à arcades à vocation commerçante au niveau de la rue, des fenêtres à colonnes au premier étage et une galerie couverte au second, cette construction est renommée pour sa cour intérieure dans laquelle l’escalier qui conduit au premier étage est une copie de celui du cloître de la cathédrale.
Dégradée par un incendie en 1462 puis à nouveau lors de la guerre d’indépendance, la Fontana d’Or qui doit son nom à l’auberge réputée qui va l’occuper de la fin du XVIIIe siècle à la fin du XIXe siècle a été restaurée au XIXe siècle puis, suite au déclin de l’auberge, a été remaniée pour accueillir diverses institutions.
Rachetée successivement par deux établissements bancaires au début du XXe siècle, elle est acquise après la guerre civile par la Caixa Girona qui va la partager jusqu’en 1965 avec la Chambre de commerce et l’Ordre des architectes, avant d’entreprendre une restauration majeure et d’y installer un centre culturel qui accueille notamment des expositions temporaires et des conférences et propose des ateliers pédagogiques.

Can Forn

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Façade principale de la Fontana d’Or

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Fondé en 1591, le couvent Sant Josep qui se situe au sud de la Diputación Provincial se compose d’une imposante église consacrée en 1631, d’un cloître accolé au flanc oriental de celle-ci ainsi que de plusieurs autres dépendances.
Dégradé lors du siège de la ville par les troupes napoléoniennes, cet édifice qui a accueilli des services administratifs suite à l’évacuation en 1835 des frères carmes déchaux qui l’occupaient jusqu’alors abrite actuellement les archives historiques de la ville.Située à l’est du couvent Sant Josep, sur la rue del Portal Nou qui abrite également la Casa Dalmau, la Casa Rigau qui doit son appellation de Casa Verde à son atypique façade principale est une maison d’habitation de style noucentiste caractérisée par une façade de couleur verte ornée de motifs et surmontée de créneaux factices.

Accolé à une portion de muraille comprise entre deux tours, le siège historique de l’Institut de Religioses de Sant Josep de Girona qui occupe une parcelle au sud-est du couvent Sant Josep est un ensemble architectural composé d’une église et de grands bâtiments organisés autour d’une cour intérieure qui ont été partiellement réaménagés entre 1977 et 1981, afin d’accueillir un centre de soins pour personnes âgées baptisé centre gériatrique Germanes Maria Gay.

Restauré entre 1999 et 2006, le théâtre municipal qui se situe au sud-ouest du couvent Sant Josep est une imposante construction en forme de fer à cheval réalisée entre 1857 et 1860, en remplacement d’un ancien théâtre qui consistait en une petite salle dangereuse aménagée en 1769 dans un bâtiment préexistant.

Église du couvent Sant Josep

Source : monestirs.cat
Casa Rigau

Source : dstaiano
Située à l’extrémité sud de la Carrer dels Ciutadans et à l’ouest du théâtre municipal qui en est séparé par la mairie, la Plaça del Vi qui accueillait l’ancien marché aux vins consiste en une place rectangulaire bordée par la mairie et un ensemble de bâtiments disposant d’une galerie couverte au rez-de-chaussée, tels que la Casa Carles ou la Casa Barceló.Située au nord-est de la place, la mairie de Gérone qui offre un accès au théâtre municipal voisin se compose de bâtiments disposés autour d’une cour intérieure, parmi lesquels celui où était installée la table de change accordée à la ville en 1443.
Tandis que la façade qui donne sur la place est reconnaissable par son balcon de pierre ouvragé, ses créneaux décoratifs ornés du blason de la ville ou encore son horloge, le bâtiment méridional est surmonté d’un clocher, héritage d’une chapelle consacrée à Saint Michel construite en 1493 puis complétée en 1756 par un retable qui s’est effondré en 1859.

Édifice baroque dont la façade principale est placée plus en avant que celle de la mairie qu’il jouxte par le sud, la Casa Carles qui possède une cour intérieure et une galerie commerçante au rez-de-chaussée est un ancien hôtel particulier de la seconde moitié du XVIIIe siècle qui a été construit à l’emplacement de l’ancienne maison de la famille Xammar.
Renommée pour sa décoration intérieure soignée, la Casa Carles qui a été réaménagée et restaurée au XXe siècle appartient actuellement à l’évêché.

Reconnaissable par sa galerie commerçante couverte et sa façade ornée de délicats motifs réalisés à l’occasion d’une restauration effectuée en 1929, la Casa Barceló qui se dresse en face de la mairie est célèbre pour son bas relief gothique de la fin du XVe siècle qui figure les quatre saints martyrs de Gérone.
Saints patrons des tailleurs de pierre et des carriers, ils étaient fêtés jusqu’au milieu du XXe siècle par les membres desdites corporations qui se réunissaient le jour de la fête patronale et dansaient la sardane devant cette représentation qui surmonte l’arche centrale.

Plaça del Vi

Source : T. Páv
Mairie (Ayuntament)

Source : Georges Jansoone
Casa Carles

Source : Georges Jansoone
Casa Barceló

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Parallèle au cours de l’Onyar dont elle est séparée sur ses deux tiers nord par une rangée de maisons colorées désignées sous l’appellation de Casas de l’Onyar, la Rambla de la Libertad qui tire son nom de l’arbre de la liberté qui y fut planté en 1869 est une large avenue réalisée en 1885 par l’architecte Martí Sureda i Deulovol qui résulte de la réunion de la place de las Coles avec la Calle del Abrevadero.
Artère commerçante bordée de tilleuls, la Rambla qui compte de nombreux restaurants et échoppes de fleuristes conserve une apparence médiévale grâce aux multiples bâtiments au rez-de-chaussée doté d’arcades qui subsistent sur sa frange orientale.
Prisée par les habitants de la ville, elle est également bordée de constructions de style plus récent telles que la Sala Fidel Aguilar, la Casa Norat ou encore la pharmacie Murtra.Située près du pont de Pedra, la Sala Fidel Aguilar qui porte le nom d’un célèbre sculpteur natif de la ville est un vaste édifice de style néoclassique construit en 1928 par Joaquim Maggioni i Castellar qui accueille une salle d’exposition et un bureau de l’office de tourisme, après avoir initialement servi de bibliothèque municipale.
Récemment restaurée, cette construction de plein pied aux façades de couleur ocre arbore, outre des colonnes décoratives d’inspiration antique, un porche et des fenêtres néoclassiques.

Située sur la partie occidentale de la Rambla, au nord de la Sala Fidel Aguilar, la Casa Norat qui se démarque des bâtiments voisins par sa tribune vitrée est l’oeuvre de Joan Roca Pinet qui convertit un édifice ancien de quatre étages en une construction de style moderniste entre 1912 et 1913.
Fermée par des panneaux de verre surmontés de vitraux et maintenue par deux colonnes latérales ornées de sculptures féminines et deux colonnes centrales ornées de dragons ailés, la tribune ouvragée dont le toit constitue la plate-forme du balcon de l’étage supérieur a été aménagée en surplomb de l’espace public, au premier étage d’un immeuble étroit dont la façade est agrémentée d’éléments végétaux stylisés.

Constituées d’un alignement de constructions hétéroclites qui longe l’Onyar depuis la Sala Fidel Aguilar au sud jusqu’au pont de Sant Feliu au nord ainsi que d’un second présent sur la berge opposée mais d’extension septentrionale moindre, les Casas de l’Onyar qui forment deux rangées de bâtiments entrecoupées de ponts et de passerelles assurant la liaison entre les deux rives sont renommées pour les enduits colorés qu’arborent leurs façades qui donnent sur le cours d’eau qu’elles encadrent.

Rambla de la Libertad

Source : José Manuel Pinto
Sala Fidel Aguilar

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Rive orientale de l’Onyar

Source : Luidger
Casas de l’Onyar

Source : Javier Garcia Canals
Situé à l’extrémité méridionale de la cité médiévale, sur la Carrer Albareda qui prolonge la Plaça del Vi vers le sud, le temple expiatoire diocésain du Sacré Coeur constitue une imposante église de style néogothique construite entre 1886 et 1901.
Assortie de logements, cette église en forme de croix latine qui était initialement administrée par des Jésuites a été cédée à une petite communauté de frères dominicains par l’évêque de Gérone en 1951, afin de permettre la réimplantation de l’ordre dans la ville qu’il avait été contraint de quitter en 1835, du fait de la sécularisation.
Flanquée de deux clochers, la façade principale de cette église formée d’une nef unique bordée de chapelles latérales est ornée, outre d’une délicate rosace, d’un porche surmonté d’un tympan sculpté figurant le Sacré Coeur.Fondé en 1326 par des frères Mercédaires qui quittèrent le quartier du Mercadal où l’ordre s’était initialement établi en 1222, le couvent de la Mercè qui se situe à l’est du temple expiatoire diocésain du Sacré Coeur se compose d’un cloître jouxté au nord d’une église qui présente la particularité d’être accolée à un second lieu de culte.
Après avoir servi de refuge à des soldats de la couronne qui craignaient pour leur vie lors des révoltes de 1640, ce couvent qui est longé au sud par l’extension de la muraille fut vidé de ses occupants pour être converti en hôpital durant le siège de 1653 puis, en raison de la destruction de l’hôpital Santa Caterina durant cet épisode de la guerre de Trente Ans, il conserva cette fonction jusqu’à la réouverture dudit hôpital en 1679 et s’illustra en accueillant les victimes de l’inondation de 1678.
Acheté en 1699 par les laïcs de la Congrégation de la Mare de Déu dels Dolors, le bâtiment d’habitation qui bordait le flanc nord de l’église du couvent a été transformé en une église entre 1731 et 1743.
Fondé en 1218 avec pour mission d’obtenir la libération des chrétiens prisonniers des barbaresques, l’ordre parvint en 1752 à délivrer et ramener à Gérone deux cents personnes jusqu’alors réduites en esclavage en Algérie.
Évacué de ses occupants en 1835, le couvent qui avait été ravagé lors du siège de la ville par les troupes napoléoniennes a été réemployé comme caserne puis converti en 1865 en un hôpital militaire qui demeura actif jusqu’en 1968. Le désamortissement occasionna conjointement le transfert du culte de la Mare de Déu dans l’église voisine de la Mare de Déu dels Dolors.
Restauré au début des années 1980, ce complexe abrite depuis 1985 le centre culturel de la Mercè.

Aménagés à l’emplacement de l’ancien bastion de la Mercè qui protégeait la partie méridionale de la cité et en particulier les portes del Socorro et del Carmen, les jardins de las Pedreras qui conservent les limites de l’ancienne fortification s’étendent au sud du couvent de la Mercè dont ils ne sont séparés que par la muraille.

Temple expiatoire diocésain du Sacré Coeur

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Églises du couvent de la Mercè et de la Mare de Déu dels Dolors

Source : Pedro Salcedo i Vaz
Construit sur ordre de Philippe IV afin de sécuriser l’accès septentrional de la ville, le château de Montjuïc qui se situe au sommet de la colline éponyme qui domine le nord de la vieille-ville a été édifié à partir de 1653, de même que quatre imposantes tours circulaires placées à proximité pour parfaire le dispositif de défense, à savoir la tour de Sant Joan au sud-ouest, celle de Sant Lluís au nord, celle de Sant Daniel à l’est ainsi que celle de Sant Narcís au nord-est.
Formée d’une enceinte carrée renforcée aux angles par quatre bastions et complétée de deux demi-lunes disposées au nord et à l’est, cette citadelle dont l’entrée principale est placée sur le flanc sud comporte une vaste place d’armes où avaient été aménagées une caserne, la maison du gouverneur ainsi qu’une importante citerne.
Conçue pour accueillir une garnison de 700 à 900 hommes et résister à l’artillerie de l’époque, elle a subi les assauts des Français en 1675, en 1684 et en 1694, avant d’être impliquée entre 1710 et 1712 dans les combats de la guerre de succession.
A nouveau sollicitée au cours du conflit avec Napoléon, elle s’est rendue le 11 août 1809 au terme de plusieurs mois de résistance puis a été abandonnée par les Français en 1814, sur ordre du maréchal Suchet qui, après avoir fait construire en 1812 une petite tour carrée qui porte son nom à l’est de la tour Sant Joan qui avait été détruite durant les combats, fit procéder à la démolition des tours de Sant Lluís, de Sant Daniel et de Sant Narcís avant de se retirer.
La tour Suchet fut par la suite endommagée par un bombardement ordonné par le général Prim au cours du pronunciamiento de 1843.
Soumise à un important afflux d’immigrants en 1957, la colline qui avait été classée en zone verte en 1955 s’est rapidement couverte d’un bidonville qui n’a été totalement démantelé en 1971 que pour céder la place à un lotissement.
Château de Montjuïc

Source : Josep Maria Viñolas Esteva
Torre Suchet

Source : Alberto A.
A l’instar du fort de Montjuïc et de ses tours voisines qui protégeaient le nord de la ville, un ensemble de fortifications établies dans la montagne de les Pedreres avait pour fonction d’assurer la défense des secteurs est et sud-est. Ce système défensif dont la construction débuta au milieu du XVIIe siècle comprenait à son apogée une ligne principale de défense constituée de quatre forts, deux réduits destinés à empêcher son contournement ainsi qu’une poudrière et un corps de garde indépendants.
Tandis que le fort de Calvari qui tire son nom de la chapelle éponyme voisine formait l’extrémité nord de la première ligne, le reste était constitué du fort del Condestable qui doit son nom au connétable de Castille Ignacio Melair de Velasco ainsi que de celui de la Reina Anna, tous deux construits au milieu du XVIIe siècle et reliés par un passage couvert, auxquels fut adjoint ultérieurement celui de Caputxins qui fut érigé à l’emplacement d’un ancien poste avancé et connecté au fort de la Reina Anna, devenant ainsi la place forte la plus méridionale de cet ensemble.
Plus proches de la cité, le réduit del Capitol ainsi que celui de la Ciudad qui était parfois appelé réduit de Sant Narcís ou réduit dels Estudiants verrouillaient le système de fortifications que la construction à l’est des forts d’une poudrière et d’un corps de garde séparés vint encore renforcer au XVIIIe siècle.
Conquises par les troupes napoléoniennes au cours du siège de Gérone, ces places fortes furent détruites par les Français lorsqu’ils quittèrent la ville en 1814.
Alors qu’aucun fort ne fut relevé après ce départ, les pierres du réduit de la Ciudad ont été réemployées durant la troisième guerre Carliste pour construire la tour Alfons XII qui s’apparente davantage à un petit fort qu’à une simple tour. Entourée d’un fossé, cette construction défensive qui jouxte la fontaine du Mirador dispose ainsi, outre d’une grande tour circulaire placée au nord-ouest, de trois petits bastions.
Du fait de sa position dominante, le site de l’ancien fort de Caputxins a quant à lui été retenu pour accueillir une tour de télécommunications achevée en 1992 et haute de 112 mètres que les habitants ont surnommé el Pirulí, en raison de sa forme qui rappelle celle de cette friandise.
Torre Alfons XII

Source : Litus Pou
Tour de télécommunications

Source : odanimret
Situé à l’est de Gérone, dans la vallée Sant Daniel qui sépare les dispositifs de défense de Montjuïc et de les Pedreres, le monastère Sant Daniel qui abrite depuis le XIe siècle une communauté de moniales vivant selon la règle de Saint Benoît consiste en un ensemble architectural complexe comprenant notamment une église dont la crypte abrite le sépulcre de Sant Daniel ainsi qu’un cloître rectangulaire réalisé à la fin du XIIe siècle puis rehaussé au XVe siècle d’un étage de style gothique.
Enterré par ses disciples dans les environs de Gérone pour soustraire son corps aux Arabes qui l’avaient décapité à Arles en 888, l’ermite San Daniel va immédiatement faire l’objet d’une vénération si bien qu’une petite église qui assurera une fonction paroissiale a rapidement été construite à proximité de ses reliques, probablement à l’emplacement d’un ancien lieu de culte romain.
Afin de financer la restauration de la toiture de la cathédrale, l’évêque Pere Roger vendit en 1015 la petite église accompagnée des terres avoisinantes à la comtesse Ermessenda et à son mari qui avaient pour intention d’y établir une communauté de nonnes. Devenue veuve, la comtesse céda le 15 mars 1018 l’ensemble de ses possessions dans le comté de Gérone à la communauté nouvellement fondée.
Placé sous la protection de Sant Daniel, le jeune monastère va maintenir la fonction paroissiale de l’église qui sera généreusement dotée grâce aux largesses de la comtesse Mafalda qui s’y retira après le décès de son second époux et y termina sa vie en 1108.
Durant les XVe et XVIe siècles, deux prieurés bénédictins et une abbaye cistercienne dont les communautés très affaiblies par la peste, les pirates et les brigands étaient sur le point de s’éteindre furent rattachés au monastère Sant Daniel qui en assura la gestion jusqu’en 1835.
Afin d’appliquer les recommandations du concile de Trente, les règles de vie en vigueur au sein de la communauté qui se composait exclusivement de religieuses issues de familles nobles furent durcies en 1578.
Du fait de la situation du complexe à l’extérieur des murs de la ville, la guerre des faucheurs en 1640, la guerre de succession en 1710 puis l’avancée en territoire espagnol des forces françaises en 1794 lors de la guerre du Roussillon contraignirent ses occupantes à l’évacuer par trois fois. A leur retour en 1795, les bâtiments qui avaient été utilisés comme caserne avaient été partiellement détruits par un incendie.
La guerre contre les forces napoléoniennes qui débuta en 1808 leur imposa une nouvelle fois de rechercher la protection des murailles de la ville. Utilisé comme caserne puis converti en hôpital de campagne, le monastère fut victime peu avant la fin du conflit d’un second incendie qui n’épargna que l’église et le cloître. Les moniales durent alors patienter jusqu’en 1819 pour pouvoir réintégrer les lieux, en raison de l’ampleur des travaux à effectuer pour en rendre une partie à nouveau habitable.
Relativement épargné par les désamortissements, il fut réquisitionné durant la guerre civile pour abriter une école et accueillir des réfugiés puis, placé sous contrôle militaire à la fin de la guerre, il ne fut restitué à la communauté qu’en 1940.
Vue générale du monastère Sant Daniel

Source : Josep Maria Viñolas Esteva
Façade est du monastère Sant Daniel

Source : Josep Maria Viñolas Esteva