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Gérone : une cité au patrimoine exceptionnel – partie 2

Fondée en 77 av. JC à l’emplacement du promontoire aujourd’hui surmonté de la cathédrale, la ville catalane de Gérone présente un fort contraste entre la rive orientale de l’Onyar qui se caractérise par un secteur médiéval remarquablement bien conservé et la berge opposée particulièrement pauvre en vestiges de cette période, l’extension de la cité initiée au XIVe siècle ayant été profondément remodelée par les évolutions urbaines ultérieures, la ville privilégiant depuis plusieurs siècles la rive ouest pour son développement du fait de contraintes topographiques moindres, ce qui explique qu’elle s’y étende désormais bien au delà des limites des anciennes fortifications aujourd’hui démantelées et abrite plusieurs curiosités patrimoniales d’époques plus récentes. A défaut des ponts médiévaux aujourd’hui disparus, plusieurs ponts dont les plus emblématiques sont le pont de pierre, celui de fer et le pont Gómez assurent la liaison entre le quartier du Mercadal qui s’étend sur la rive occidentale de l’Onyar et le coeur historique ancien qui lui fait face. Du sud au nord se succèdent ainsi le pont de l’Areny et la passerelle de l’Alferes Huarte qui enjambent la rivière au niveau de l’ancien bastion de San Francisco, la place de Catalogne qui a été aménagée sur une plateforme construite au dessus du cours d’eau, le pont voisin Isabel II ou Puente de Piedra, le pont métallique de las Pescaderías (aussi appelé pont de les Peixateries Velles, Puente de Hierro ou pont Eiffel) ainsi que le pont San Agustín qui se fraient tous deux un passage à travers les maisons de l’Onyar, le pont en béton de Gómez puis, au nord de l’ancien bastion septentrional, le pont Sant Feliu et le viaduc du chemin de fer. Plus ancien pont de la ville, le pont Isabel II qui est généralement appelé Puente de Piedra a été construit entre 1849 et 1856 pour remplacer le pont médiéval San Francisco, un édifice de pierre pourvu d’une tour défensive qui avait été construit près du couvent du même nom au cours du XIVe siècle. Réalisé en 1877 pour remplacer des passerelles de bois qui étaient régulièrement endommagées lors des crues, le pont piétonnier de les Peixateries Velles dont le nom fait référence à l’ancien marché au poisson qui se tenait à proximité depuis le XIVe siècle est reconnaissable par sa structure métallique de couleur rouge conçue dans les ateliers Eiffel. Également bâti au XIXe siècle, tout comme l’imposant viaduc du chemin de fer, le pont San Agustín dessert un secteur où, le pont de pierre édifié en 1671 suite à la destruction par une crue d’un précédent ouvrage de 1630 ne fut pas relevé après que le tumulte des eaux ait prématurément eu raison de lui en 1678. Baptisé du patronyme de l’habitant qui dut céder une partie de sa maison pour permettre sa construction en 1916, le pont piétonnier de Gómez est un ouvrage de béton qui, tout comme le pont voisin de Sant Feliu qui a été achevé en 1995, ne possède qu’une arche unique. Située au niveau de la petite place Vern, la place Catalunya qui est intégralement aménagée sur une plateforme couvrant un segment du cours de l’Onyar long de plus de 50 mètres combine un parc public organisé autour d’une fontaine circulaire centrale avec des espaces de stationnement et des voies de circulation qui supportent une grande partie du trafic routier entre les deux rives, la majorité des ponts de la cité étant réservés aux piétons. Vaste espace ouvert au sein d’une zone urbaine dense, elle constitue un point de vue privilégié sur la vieille ville, en particulier sur les maisons de l’Onyar et la Rambla de la Libertad.

Pont Isabel II Source : Pedro Salcedo i Vaz
Pont de les Peixateries Velles Source : Javier Garcia Canals
Pont Gómez Source : oren rachamim
Viaduc du chemin de fer et pont Sant Feliu Source : gmbgreg
Choisissant de s’installer à l’extérieur de la cité, sur la rive occidentale de l’Onyar qui ne comptait alors qu’un nombre restreint de constructions, l’hôpital Santa Catalina est édifié au XIIIe siècle au niveau de l’extrémité sud de l’actuel quartier du Mercadal, suivi au XIVe siècle par les couvents de Santa Clara et de San Francisco de Asís qui s’établissent respectivement au sud-ouest et au centre dudit quartier. Rapidement entouré de constructions qui vont constituer le noyau urbain d’un espace dont l’expansion accompagne l’accroissement de la population urbaine, le couvent de San Francisco est connecté à la même période à la ville par un pont de pierre qui prendra son nom. Construite durant la première moitié du XVe siècle puis complétée de dix-huit tours au XVIe siècle, la muraille qui enserrait le quartier du Mercadal et dont l’emplacement est aujourd’hui matérialisé par le tracé de la rue Jaume I était plus basse et plus épaisse que les tronçons des époques antérieures, afin de répondre à l’évolution des techniques militaires. Tandis que les couvents de San Agustín et de San Francisco de Paula sont bâtis aux extrémités nord et sud du quartier à partir respectivement de 1608 et de 1611, de nouveaux travaux destinés à renforcer l’appareil défensif sont entrepris dans la seconde moitié du XVIIe siècle qui se matérialisent par le creusement de fossés et l’ajout de talus, par la fortification du pont San Francisco ainsi que par la construction de la redoute de Bournonville à l’ouest et, à la place des anciennes lunettes, de cinq bastions de style Vauban nommés du sud au nord baluertes de San Francisco, de Santa Clara, del Gobernador, de la Santa Cruz et de Figuerola. La hauteur des tours est en outre ultérieurement réduite pour s’adapter au développement de l’artillerie et douze d’entre-elles sont réaménagées pour pouvoir accueillir un canon. L’édification des bastions San Francisco et Santa Clara entraîne cependant la démolition en 1653 de l’hôpital Santa Catalina ainsi que du couvent de Santa Clara qui seront reconstruits durant les décennies suivantes à l’intérieur des fortifications, à proximité de son emplacement initial pour le premier et entre les couvents de San Agustín et de San Francisco de Asís pour le second. Tous deux vidés de leurs occupants lors du désamortissement de 1835, le couvent de San Francisco de Paula est converti en caserne tandis que celui de San Francisco de Asís est démoli après sa vente en 1840, permettant la construction de bâtiments sur les terrains ainsi libérés, la création de la Carrer Nou qui traverse le quartier d’est en ouest depuis le pont San Francisco ainsi que l’élargissement de plusieurs rues. Éprouvé par les inondations de 1732 et seulement restauré en 1763, le couvent de San Agustín qui avait déjà été partiellement converti en caserne en 1673 puis en 1734 a lui aussi été évacué en 1835 pour être intégralement réaffecté aux militaires mais, très endommagé suite aux combats de 1815, il est finalement vendu à des particuliers en 1841 et démantelé, ce qui va permettre de créer la place de l’Indépendance. Dernier couvent du quartier à avoir conservé ses fonctions religieuses, le couvent de Santa Clara est détruit en 1868, année où les moniales qui l’occupaient en furent expulsées. Alors que les édifices religieux qui ont longtemps structuré le quartier ont aujourd’hui disparu, une partie du cloître de San Francisco de Paula qui ne fut démoli qu’en 1960 est conservée dans le musée d’Histoire de la ville. De la même manière, quelques éléments architecturaux du couvent de San Francisco de Asís ont échappé à la destruction, réemployés dans d’autres édifices parfois lointains comme l’église de la Mare de Deu de l’Esperança de la ville de s’Agaró qui a offert une seconde vie aux arcs du cloître. Conjointement au remplacement du pont San Francisco et des passerelles de bois qui traversaient l’Onyar par le pont Isabel II et celui de les Peixateries Velles, le XIXe siècle et le début du XXe siècle sont marqués par la construction du pont de San Agustín, du viaduc du chemin de fer et du pont de Gómez qui multiplient les points de passage entre les deux berges. Considérées comme un obstacle au développement urbain depuis la fin du XIXe siècle, les fortifications du Mercadal vont progressivement être démantelées entre 1901 et 1936, à l’exception de la tour Santa Clara qui sera conservée jusqu’à la construction de l’hôtel des Impôts en 1958.Aménagée au XIXe siècle à l’emplacement de l’ancien couvent de San Agustín, ce qui lui vaut d’être fréquemment appelée place de San Agustín, la place de l’Indépendance dont le nom fait référence à la guerre menée contre les troupes napoléoniennes est une vaste place où une majestueuse statue de bronze érigée en 1894 pour honorer les défenseurs de la cité lors des sièges de 1808 et 1809, bien qu’elle mette en scène le général Palafox et non le général Álvarez de Castro car initialement destinée à la ville de Saragosse, fait face depuis 1945 à une discrète fontaine surmontée d’une statue baptisée El niño de la tortuga. Inspirée de la place royale de Barcelone, cette place dessinée par l’architecte Martí Sureda i Deulovol n’a cependant été véritablement achevée que dans les années 1980, l’installation des premiers cinémas de la ville ayant durablement empêché d’aboutir à la configuration initialement prévue. Entourée d’édifices néoclassiques uniformes dont les rez-de-chaussée à arcades qui accueillent plusieurs cafés et restaurants sont surmontés de trois étages et de combles, ce qui en fait les bâtiments ceinturant une place de cette période les plus élevés de Catalogne, cette place au square central bordé d’arbres longe l’Onyar entre les ponts Eiffel et San Agustín qui individualisent sur la berge opposée une section des maisons de l’Onyar riche en particulier de l’imposante casa Masó qui abrite aujourd’hui un musée. Installé sur l’emplacement autrefois occupé par la partie occidentale de l’ancien bastion de Figuerola, ce qui correspond à l’angle nord-ouest de la place de l’Indépendance sur laquelle ne donne toutefois qu’une petite portion de sa façade, la Casa de Correos y Telégrafos qui a été construite entre 1916 et 1920 d’après les plans d’Eusebi Bona et Enric Catà est un imposant édifice mêlant la brique rouge et la pierre qui se caractérise, outre par une petite coupole couverte de tuiles de Valence dorées surmontant l’entrée principale, par de majestueuses façades ornées de nombreuses sculptures réalisées par Frederic Marés i Deolovol. Jouxté au nord par le cinéma Albéniz qui a lui aussi été construit au début du XXe siècle et uniquement séparé de l’immense tribunal de Gérone par la rue Real de Fontclara, ce prolongement architectural de la place de l’Indépendance tranche visuellement avec ses deux voisins, en particulier avec le second de style résolument moderne qui a été réalisé par Robert Brufau entre 1988 et 1992. Construite aux XIVe et XVe siècles et restaurée au XXe siècle, l’église paroissiale Santa Susanna del Mercadal qui se situe au coeur du quartier est un édifice religieux de grande taille qui se caractérise en particulier par un unique clocher carré couronné d’une structure métallique. Aménagée en 1993 à l’emplacement de l’ancienne fabrique textile Grober, la vaste place de la Constitució qui commémore la Constitution du 6 décembre 1978 se situe dans le prolongement de la petite place Santa Susanna avec laquelle elle matérialise une coupure franche dans le tissu urbain, individualisant nettement le nord et le sud du quartier. Assortie d’un parking souterrain, cette place très fréquentée qui débouche sur la rue Jaume I au niveau du bâtiment circulaire qui accueillait le siège de la banque d’Espagne est divisée en deux sections dont celle la plus à l’ouest est ponctuée d’arbres et d’oeuvres d’art contemporaines telles que la statue d’une petite fille ou des reproductions géantes de pièces de monnaie anciennes. Fondé suite à l’acquisition de la Collection Tomás Mallol par la ville en 1994 et inauguré en 1998, le musée du Cinéma qui se situe immédiatement au sud de l’église Santa Susanna est installé dans la Casa de las Aguas qui avait été construite à la fin du XIXe siècle pour accueillir le siège de la compagnie des eaux de la ville. Les objets exposés qui datent essentiellement de la période comprise entre le XVIIe siècle et les années 1970 proposent un aperçu détaillé de l’évolution des technologies de l’image et des productions artistiques, depuis les ombres chinoises et la lanterne magique jusqu’à l’invention du procédé cinématographique à proprement parler. L’exposition permanente qui présente notamment de nombreuses machines optiques datant de l’ère pré-cinématographique ou encore le projecteur employé lors de la première projection publique des frères Lumière traite aussi des évolutions techniques plus récentes telles que l’intégration du son et de la couleur ou l’avènement de la télévision. Ce musée dont les collections ont été enrichies en 2012 par une donation de Pompeu Pascual i Coris assure parallèlement un rôle pédagogique à travers notamment des expositions temporaires et un institut d’études comprenant une bibliothèque, une hémérothèque et une vidéothèque. Démoli en 1653 pour céder sa place au bastion San Francisco, le premier hôpital Santa Catalina qui a obtenu le statut d’hôpital royal en 1571 a été reconstruit entre 1666 et 1679 à l’extrémité sud du quartier, près des anciens bâtiments du XIIIe siècle. Ouvert aux malades dès 1667 bien qu’inachevé, le nouvel hôpital auquel a été adjointe une église est un édifice rectangulaire de style baroque plus vaste que son prédécesseur qui s’organise autour d’une grande cours intérieure plantée de deux rangées d’arbres appelée le patio des Magnolias. Prolongée à l’ouest et à l’est par celles de l’église et de la Casa de la Convalecencia qui a été annexée en 1785, la façade nord qui est visible depuis la rue diffère peu de ses deux voisines faiblement ouvragées si ce n’est qu’elle comporte une galerie de vingt-cinq petites fenêtres aménagée à l’étage supérieur pour favoriser la circulation de l’air. Pavée en 1881 de dalles rectangulaires à l’exception de l’entrée principale où une mosaïque de galets représente les symboles du martyr de sainte Catherine, la cours est entourée de façades ornées de sgraffites bichromatiques de style noucentiste réalisés par Josep M. Busquets en 1928. Plus large à sa base, le majestueux escalier construit au fond de la cours vers 1678 pour accéder au premier étage débouche sur une grande porte vitrée qui s’ouvre sur un vestibule rectangulaire. Pour des raisons d’hygiène, la partie inférieure des murs du vestibule, de la chambre des hommes et de celle des femmes fut recouverte au XVIIe siècle de carreaux de céramique qui ont été agencés de manière à former des panneaux vert et blanc entourés de motifs végétaux. Géré depuis 1855 par la Diputación de Gerona, hormis entre 1931 et 1940 où il est passé sous le contrôle de la Generalidad de Catalogne, l’hôpital a déménagé en 2004, bien que les nouveaux locaux plus grands et plus modernes où il est désormais installé n’aient été construits sur la commune voisine de Salt qu’entre 2006 et 2009. Ainsi libérés, les bâtiments qui avaient rapidement été réparés après les sièges de 1808 et 1809 ont fait l’objet d’une campagne de rénovation qui s’est accompagnée de la construction de dépendances modernes sur les terrains attenant à l’est et au sud, afin d’accueillir le siège de la Generalidad de Catalogne qui a pu s’y installer en 2010. En raison de son bon état de conservation, la pharmacie de l’hôpital dont l’accès se situe au sud-est du patio des Magnolias a été restaurée pour devenir une antenne du musée des Arts de la ville où sont exposés de nombreux objets médicaux anciens. Surmontée d’une voute en berceau ornée depuis 1833 de peintures allégoriques réalisées sur de plus anciennes de style baroque, cette pharmacie du XVIIIe siècle qui communique avec l’ancien laboratoire est une pièce rectangulaire au sol carrelé d’une mosaïque hydraulique des années 1920 qui abrite notamment plusieurs centaines de pots en céramique d’influence française disposés en particulier dans de grandes armoires en bois peint dépourvues de portes à l’exception de leur partie inférieure ainsi que, derrière le comptoir placé en son centre, une collection de petits flacons en verre soufflé rangés dans un meuble vitré surmonté du blason de la ville et encadré des portes du laboratoire et d’un placard. Le musée expose en outre une grande variété d’objets tels que des instruments chirurgicaux anciens, des mortiers, des livres ou des boîtes d’herboristerie polychromes. Installé à l’occasion de la reconversion des bâtiments à l’intérieur de l’ancienne chapelle de l’hôpital qui avait été achevée en 1679, l’auditorium Josep Irla qui peut accueillir plus d’une centaine de spectateurs se caractérise par des murs et des plafonds intégralement peints en noir qui contrastent avec El gran dia de Girona, un imposant tableau historique de Ramon Martí Alsina qui relate le siège de 1809. Tandis que le matériel archéologique découvert lors des fouilles préventives menées en 2006 devrait être en partie exposé dans les sous-sols de la Generalidad, les fondations mises au jour d’une poudrière et d’un fragment de l’ancienne muraille longeant la rue Jaume I au sud de l’hôpital ont été préservées et intégrées à l’esplanade aménagée au pied des nouvelles constructions. Initialement érigée sur la place de l’Indépendance puis déplacée près de la Casa de Misericordia au moment de la construction du monument à la gloire des défenseurs de la ville, la colonne toscane commémorant l’adoption de la Constitution de 1869 se dresse aujourd’hui au sud de la chapelle de l’hôpital, côtoyée par une ancienne locomotive à vapeur. Édifiée par Ventura Rodríguez entre 1765 et 1769 grâce au don d’une riche famille en 1763, la Casa de Misericordia qui a été construite sur la demande de l’évêque Tomàs de Lorenzana est un bâtiment rectangulaire néoclassique aux façades de style rococo qui s’organise autour d’une église centrale de style gréco-romain individualisant deux cours intérieures. Située au nord de l’hôpital Santa Catalina dont elle est uniquement séparée par l’étroite place de l’Hôpital, la Casa de Misericordia qui avait pour objectif initial d’accueillir des jeunes filles pauvres ou en difficulté s’est rapprochée de son voisin dès 1774 pour former la Junta del Real Hospicio qui fut fonctionnelle en 1781. Restaurée par Joaquím Masramon et ornée de peintures par Ramon Reig après avoir été fortement endommagée en 1936, la Casa de Misericordia a abrité des services hospitaliers jusqu’en 1963. Fondée en 1848 afin de collecter les livres des monastères évacués suite aux désamortissements, la bibliothèque publique qui a été initialement installée dans l’ancien couvent des Capucins devenu par la suite le musée d’Histoire a pris place dans le bâtiment en 1951, rejointe en 1966 par la Casa de Cultura qui comprend notamment des salles de conférence et d’exposition ainsi que l’auditorium Josep Viader aménagé dans l’ancienne église. Reproduisant l’exemple des organismes qui ont temporairement occupé les lieux avant de pouvoir disposer de bâtiments dédiés, la bibliothèque publique a déménagé vers de nouveaux locaux en août 2013. Communément appelée place du Lion en référence à l’imposante colonne commémorative qui s’y dresse, la place Francesc Calvet i Rubalcaba qui se situe à l’extrémité sud-est du quartier borde un marché couvert de plus de 1 700 m² bâti à l’emplacement de l’ancien bastion San Francisco. Construit par Juan Gordillo et Ricardo Giralt pour apporter une solution au manque d’espace disponible au niveau de l’ancienne place de las Coles où le marché se tenait quotidiennement depuis le XVIIIe siècle, le marché municipal qui a été inauguré en 1944 consiste en un vaste bâtiment moderne divisé en soixante concessions attribuées à des commerçants par la municipalité. Réaménagé en 1982 puis réhabilité et modernisé en 1993, ce marché ouvert du lundi au vendredi de 7h00 à 13h30 ainsi que les samedis et veilles de fêtes de 7h00 à 14h00 fait depuis l’objet de travaux d’amélioration réguliers. Réalisé par Joan Oliver de Bezzi selon un projet de Josep Ferré Vergés, El lleó qui a été inauguré à l’occasion du centenaire du siège de 1809 consiste en une immense colonne surmontée d’un lion érigée à la mémoire des défenseurs de la ville sur la pointe sud de l’ancien bastion. Construite dans un premier temps en matériaux périssables, cette colonne dont la base est ornée d’inscriptions et de sculptures de J. Campeny n’a par conséquent été terminée sous sa forme actuelle qu’au cours de l’année 1915. La démolition de la partie supérieure du bastion en 1931 à l’exception de la petite portion située sous le monument et le comblement des fossés défensifs adjacents vont ensuite profondément modifier la configuration des terrains alentours en permettant leur nivellement, ce qui va conférer à la colonne une position surélevée au milieu d’un espace ouvert plan, les vestiges sous-jacents du bastion faisant dès lors office de second piédestal.
Monument de la place de l’Indépendance Source : Vilallonga
Casa de Correos y Telégrafos Source : Tallaferro
Église paroissiale Santa Susanna del Mercadal Source : Pedro Salcedo i Vaz
Musée du Cinéma Source : bedri
Façade principale de l’hôpital Santa Catalina Source : Pedro Salcedo i Vaz
Hôpital Santa Catalina : patio des Magnolias Source : kiwaho
Façade principale de la Casa de Misericordia Source : AlbertJB
Colonne de la place del Lleó Source : pauregincos
Délimité par le Ter au nord, le Güell à l’ouest, l’Onyar à l’est et des espaces urbanisés parmi lesquels le quartier du Mercadal au sud, le parc urbain de la Devesa dont la surface de 40 hectares en fait le plus vaste de Catalogne compte environ 2 600 platanes hybrides plantés en rangs serrés dont les plus grands spécimens dépassent 50 mètres de haut. Conjointement aux espaces boisés au sud-est desquels se logent les jardins à la française de la Devesa, le parc accueille sur sa moitié occidentale de nombreuses installations sportives ainsi que des édifices publics comme l’imposant auditorium – palais des congrès ou le palais des foires. Progressivement cédée à la ville aux XVe et XVIe siècles, la zone de la Devesa dont le nom désigne un terrain à la végétation spontanée utilisé pour le pâturage et la coupe de bois était une vaste zone inondable dont la salutaire propension à atténuer les effets dévastateurs des crues sur la ville s’accommodait sans encombre des plantations d’arbres destinées à assurer une source de revenus. Dégradée durant les sièges napoléoniens, la Devesa dont la fréquentation par les promeneurs est attestée depuis le XVIIIe siècle est réhabilitée dans la foulée par les Français qui vont y planter de nombreux arbres. Conséquence de la crue de 1837 qui va détruire les vergers qui y avaient été aménagés, l’activité pastorale y connaît un fort développement jusqu’à son interruption en 1865, date à laquelle la Devesa délaisse sa dimension économique pour ne conserver qu’une fonction exclusivement récréative. Tandis que la section boisée sillonnée de larges allées acquière sa configuration actuelle durant la seconde moitié du XIXe siècle – la plantation des platanes selon les plans imaginés par Martí Sureda i Deulovol débutant en 1859 – les premiers équipements sportifs n’y sont implantés que durant la première moitié du XXe siècle. Classé parc artistique national en 1943 puis quelque peu délaissé par la population et la municipalité jusqu’à la création de collectifs de défense au milieu des années 1970, ce parc connecté par la passerelle de Fontajau à celui de les ribes del Ter situé plus au nord est un lieu de vie qui, outre un marché deux fois par semaine, accueille des foires, des bars nocturnes estivaux aménagés sous des chapiteaux appelés carpes ou encore des festivités de la Sant Narcís.Longé au sud par une large allée bordée de platanes à l’extrémité orientale de laquelle se dresse depuis 1926 une charmante maisonnette surmontée d’une horloge, le parc possède plusieurs accès parmi lesquels l’entrée principale qui a été aménagée en 1898 à équidistance de l’édifice de l’horloge et d’une plateforme réalisée en 1865 pour permettre à des musiciens de se produire en public chaque dimanche. Autrefois encadrée de deux maisons de couleur brique dont ne subsiste que la plus orientale baptisée la Caseta dels Jardins de la Devesa, la seconde ayant cédé sa place en 1963 à une construction moderne plus vaste, cette entrée débouche sur une courte allée traversant les jardins de la Devesa en leur milieu avant d’atteindre une grille qui s’ouvre sur les espaces boisés du parc au niveau de la place de les Botxes où convergent plusieurs allées. Initialement occupée par un restaurant qui va céder sa place en 2005 à l’office municipal de la scolarisation, la construction moderne à l’ouest de l’entrée qui tranche architecturalement avec la Caseta de la Devesa où s’est installé le centre d’éducation à l’environnement et des ressources éducatives de la ville en 1993 accueille désormais un marchand de glaces. Entourés d’un petit canal les individualisant nettement du reste du parc, les deux jardins contigus réalisés au XIXe siècle puis réaménagés dans un style français au début du XXe siècle sont renommés pour leur grande diversité végétale à laquelle s’ajoutent une fontaine végétalisée installée au milieu d’un bassin circulaire, plusieurs sculptures, des jeux pour enfants ou encore l’Institut de l’environnement. Tandis que la fontaine à cinq niveaux appelée Brollador de la Devesa se dresse au centre de la section occidentale des jardins depuis 1865, leur partie orientale est ponctuée par la Noia de la trena, une reproduction en bronze d’une statue féminine de Fidel Aguilar réalisée par Florenci Comas et inaugurée en 1930, par le buste du compositeur de sardanes Juli Garreta lui aussi inauguré en 1930 ainsi que par une reproduction en terre cuite de la Noia de Jordi Dalmau Casanovas qui figure une jeune fille pensive. Alors que cette dernière réalisée en 1978 a remplacé une sculpture du XIXe siècle de la déesse Diane, une quatrième statue appelée Hommage à Walt Disney qui avait été installée en 1971 a aujourd’hui disparu. Postérieurement à la construction en 1934 de la piscine municipale en plein air qui constitue la première installation sportive d’envergure dans l’enceinte du parc, le champ de Mars va accueillir en 1942 un stade a proximité duquel seront aménagés une discothèque, un champ de tir, un terrain d’aéromodélisme ainsi qu’un second stade, suivis en 1950 de la société hippique. La zone sportive qui occupe désormais approximativement la moitié occidentale du parc a par la suite fait l’objet de multiples remaniements tels que la démolition de la discothèque en 1994-1995 ou le déplacement des cours de tennis à l’ouest des bassins de la piscine. Dévolue quant à elle aux activités culturelles et économiques, l’extrémité occidentale du parc est occupée conjointement par le palais des foires et par l’auditorium – palais des congrès. Bâtiment sur deux niveaux dont la conception s’inspire du plan classique d’une église, le palais des foires qui a été inauguré en 1988 puis achevé l’année suivante se compose d’une vaste nef rectangulaire dont l’étage soutenu par des piliers accueille des expositions ainsi que d’une abside semi-circulaire accolée à l’ouest dans laquelle ont été aménagés un bar et un restaurant. Érigée au sud de la section rectangulaire, une aile allongée qui abrite en particulier la réception et plusieurs salles complète l’imposante structure habillée de brique. Construit en 2006 immédiatement au nord du palais des foires auquel il est connecté par une passerelle, l’auditorium – palais des congrès qui a été conçu par Joan Tarrús i Galter, Jordi Bosch Genover et Manel Bosch Aragó pour accueillir des concerts et des congrès est un imposant bâtiment triangulaire comportant trois niveaux pour une surface totale de 10 000 m². Outre la grande salle symphonique Montsalvatge et la salle de musique de chambre qui peuvent accueillir respectivement 1 230 et 402 spectateurs, cet édifice aux façades mêlant le béton, le verre et l’acier abrite une troisième salle de concert plus petite d’une capacité de 178 places ainsi que quatre salles polyvalentes et six salles d’exposition. Située sur la rive orientale de l’Onyar, à proximité du pont de Pedret qui le traverse à hauteur du parc de la Devesa, la colonne de l’Histoire de Gérone qui a été inaugurée en 1985 est une oeuvre de Domènec Fita Molat constituée d’un empilement de neuf «cubes» de béton coffré sur lesquels ont été gravés les principaux événements et personnages qui ont marqué l’Histoire de la ville. Depuis la base de la colonne où ont été inscrits les noms des quatre cours d’eau qui traversent la cité et à mesure que l’on s’approche du sommet, les faits historiques retenus qui sont figurés conjointement par du texte et des illustrations se succèdent chronologiquement depuis l’Antiquité jusqu’à l’avènement de la démocratie à la fin des années 1970.
Édifice de l’horloge Source : z.cochrane
Caseta dels Jardins de la Devesa Source : Felizrenedo
Brollador de la Devesa Source : Joaquim.
Allée arborée Source : arianadealba
Auditorium – palais des congrès Source : Palau de Congressos de Girona
Colonne de l’Histoire de Gérone Source : Toniher
Située à l’angle de la rue Jaume I et de la rue Álvares de Castro qui constitue le prolongement occidental de la place de l’hôpital, la Casa Gispert Saüch qui a été construite entre 1921 et 1923 par l’architecte Rafael Masó i Valentí est un édifice de style noucentiste qui se distingue de ces voisins par un rez-de-chaussée à arcades, des façades et un balcon d’angle évoquant la proue d’un navire décorés de carreaux de céramique vernissée à dominante bleue et blanche ou encore une galerie aménagée au dernier étage.Également conçues par Rafael Masó, la Farinera Teixidor et la Casa de la Punxa sont deux édifices renommés situés environ 300 mètres plus à l’ouest, à l’extrémité nord du parc Central qui longe sur près de 500 mètres le viaduc de la voie ferrée qui traverse le quartier selon un axe nord-sud. Commandée par l’industriel Alfons Teixidor qui souhaitait regrouper en un même lieu une minoterie, des bureaux, des entrepôts et un espace d’habitation, la Farinera Teixidor qui abrite notamment le siège du journal El Punt a été édifiée en plusieurs phases. Complété en 1915 par un entrepôt accolé au flanc nord puis en 1923 par deux autres construits du côté sud, le noyau de la construction bâti en 1910-1911 se compose de deux bâtiments reliés par une galerie vitrée assurant la connexion entre les espaces privatifs à droite de l’allée d’accès à la cours intérieure et les surfaces à usage professionnel à gauche. Soucieux de conférer au bâtiment l’apparence de montagnes de farine, l’architecte qui a fait couvrir certaines parties des façades originellement blanches de carreaux de faïence immaculée a tenu à renforcer l’effet visuel escompté par l’adjonction de pinacles en forme d’épis de blé ainsi que par l’insertion d’épis stylisés dans le motif des grilles en fer forgé installées à l’entrée et sur les fenêtres du rez-de-chaussée. Ce complexe aux façades ouvragées habillées de pierre sur leur partie inférieure et percées de fenêtres majoritairement surmontées de vitraux colorés s’illustre également par des pans de toiture couverts de tuiles vernissées vertes. Construite entre 1918 et 1922 à moins de 100 mètres à l’ouest de la Farinera Teixidor, la Casa Teixidor qui est fréquemment appelée Casa de la Punxa en raison de son imposante tour d’angle au toit conique a été elle aussi réalisée pour le compte d’Alfons Teixidor qui désirait disposer d’un immeuble locatif à proximité de son entreprise. Accolé initialement à un vaste entrepôt aujourd’hui supplanté par des immeubles modernes à l’exception d’une portion de façade du rez-de-chaussée, ce bâtiment de style noucentiste avec une emprise au sol en forme de pentagone irrégulier, une couverture polychrome constituée de tuiles vernissées qui subsiste sur les pans de toiture visibles depuis la rue ou encore des sgraffites représentant un moulin sur la partie haute de la tour circulaire dont l’une des particularités est d’être dépourvue de rez-de-chaussée a été racheté en 1979 par le collège des géomètres et architectes techniques de Gérone qui a entrepris sa restauration avant d’y installer son siège. Approximativement à mi-distance entre la Farinera Teixidor et la Casa de la Punxa, à l’extrémité nord du parc Central, l’ancienne gare inaugurée en 1862 et désormais située 80 mètres à l’ouest de la ligne de chemin de fer suite au déplacement en 1973 des voies sur le viaduc construit à travers la ville pour qu’elles n’entravent plus la circulation intra-urbaine consiste en un bâtiment rectangulaire de couleur rouge attenant à une esplanade plantée de palmiers. Inauguré en juillet 1973, le viaduc sur lequel a été transférée la ligne conventionnelle comprend à hauteur du parc Central un segment sensiblement plus large où ont été aménagés un bâtiment technique ainsi qu’une série de quais protégés des intempéries par des auvents et connectés notamment par des escalators au bâtiment principal de la gare installé sous les voies. A l’occasion de la construction de la ligne à grande vitesse entre Barcelone et Figueras qui effectue la traversée de grandes métropoles catalanes par voie souterraine, la configuration du quartier de la gare a été profondément repensée avec la réalisation sous le parc Central et le parc de l’Europe voisin d’une immense structure enterrée de 640 mètres de long pour 58 mètres de large et 26 mètres de profondeur qui, outre une gare TGV construite au niveau le plus bas, accueille respectivement des places de stationnement et une gare routière auparavant aériennes sur les deux niveaux intermédiaires et celui le moins profond. Après une mise en service de la ligne à plusieurs reprises repoussée du fait de multiples retards dans l’exécution des travaux, celle-ci a finalement été inaugurée le 8 janvier 2013, bien que la gare souterraine ne fût que partiellement achevée. Dans le cadre des projets de réhabilitation du parc Central qui a été en grande partie détruit par les opérations d’excavation, les espaces situés au dessus de la nouvelle gare devraient être végétalisés à l’issue des travaux. Initialement envisagé conjointement à l’arrivée du TGV, l’enfouissement de la ligne conventionnelle a dû quant à lui être suspendu, faute de parvenir à en assurer le financement.
Casa Gispert Saüch Source : albTotxo
Farinera Teixidor Source : El pare de la Clara
Casa de la Punxa Source : Vicenç Vilà
Ancienne gare ferroviaire Source : mabera
Aménagé à partir des années 1990 à l’emplacement d’une caserne des années 1940 située environ deux cents mètres au sud-est de l’extrémité méridionale du parc Central, le parc del Migdia qui comprend 38 110 m² d’espaces engazonnés et boisés sillonnés par des chemins et une allée centrale couverte d’une pergola n’occupe toutefois que les deux-tiers sud de l’ancien terrain militaire dont la partie nord a été retenue pour accueillir des immeubles résidentiels. Initialement appelé Parc de les Casernes, ce parc rectangulaire qui compte en particulier dans son quart nord-est un lac artificiel de 6 300 m² au milieu duquel émerge un îlot boisé accessible par des passerelles fait se côtoyer plusieurs univers tels qu’une aire de jeux infantile ou encore un espace clos de 575 m² conçu pour les animaux de compagnie.Situés respectivement entre 250 mètres et 300 mètres au sud-ouest, au sud-est et au nord-est du parc del Migdia, le parc de la Comtessa Ermessenda qui a été conçu par Louis Saltenc Dilmé comme une juxtaposition de bandes ondulées, celui de la place Josep Irla i Bosch au coeur duquel se dresse depuis 2006 un buste de bronze de l’homme politique éponyme décédé durant son exil en France ainsi que l’imposant rond-point où trône la fontaine circulaire del Bou constituent trois espaces verts urbains de taille beaucoup plus modeste qui complètent le maillage du sud de la ville.
Parc del Migdia Source : hipnosapo
Buste de Josep Irla i Bosch Source : Fèlix Xunclà et Assumpció Parés